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Logiciel de soumission construction au Québec : le guide d'achat honnête

Guide d'achat d'un logiciel de soumission construction au Québec : taxes TPS et TVQ, numéro RBQ, pièges à éviter, vrai prix mensuel et grille par taille.

15 min de lecture

Au Québec, une soumission de construction n'est pas juste un chiffre au bas d'une page. C'est un document encadré : ton numéro de licence RBQ doit y apparaître, tes taxes doivent être calculées correctement, et ce que tu écris dedans devient la base du contrat si le client accepte. Beaucoup d'entrepreneurs envoient des soumissions chaque semaine, souvent avec un chiffrier et un gabarit Word qui traîne depuis cinq ans.

Réponse courte : un bon logiciel de soumission pour la construction au Québec calcule la TPS et la TVQ séparément et sans cascade, imprime ton numéro de licence RBQ sur chaque document, se remplit depuis le chantier sur un téléphone, laisse sortir tes données quand tu veux et affiche son prix sans démo obligatoire. Le reste (métré sur plans, bibliothèque de prix unitaires, paie CCQ) dépend de ta taille et de ton type de contrats. Ce guide te donne les critères, les pièges, un test de 30 secondes à faire subir à n'importe quel vendeur et une grille de décision selon la taille de ton entreprise.

« Logiciel de soumission » : trois familles d'outils qu'on confond tout le temps

Première source de mauvaises décisions : trois catégories de produits se vendent sous le même mot. Elles ne règlent pas le même problème et elles ne coûtent pas le même prix.

  • Les outils d'estimation et de métré : tu prends des mesures sur des plans PDF, tu appliques des prix unitaires par ouvrage, tu sors une quantité et un coût. C'est le cœur du métier d'estimateur, surtout en neuf et en gros projet.
  • Les outils de soumission, facturation et gestion : tu pars de tes propres modèles, tu montes la soumission, tu l'envoies, tu la convertis en contrat puis en facture, et tout reste relié au client, au projet et aux heures. C'est ce que cherchent la majorité des entreprises de 1 à 50 employés.
  • Les ERP de construction : comptabilité, paie, gestion de projet, achats, sous-traitance et contrôle des coûts dans un seul système. Puissant, long à implanter, coûteux, pertinent à partir d'un certain volume.

La question à te poser avant de magasiner n'est pas « lequel est le meilleur », c'est « est-ce que mon problème est d'estimer, ou de faire sortir la soumission et de la suivre jusqu'au paiement ? ». Si tu perds ton temps à retaper les mêmes descriptions et à courir après les clients qui n'ont pas répondu, ton problème est dans la deuxième famille, pas dans la première. Notre article « Faire une soumission qui se fait accepter : le guide pratique » couvre le contenu du document ; ici, on parle de l'outil.

Les critères qui comptent vraiment pour un entrepreneur québécois

Oublie les listes de fonctionnalités génériques. Au Québec, un logiciel de soumission se juge d'abord sur des obligations. Voici les huit points à vérifier, dans l'ordre.

  • Calcul de la TPS et de la TVQ, séparément, aux bons taux, avec tes numéros d'inscription imprimés sur le document.
  • Ton numéro de licence RBQ affiché automatiquement sur chaque soumission, contrat et facture.
  • Un gabarit modifiable : description détaillée des travaux, exclusions, durée de validité, garantie, conditions de paiement.
  • Un PDF propre et à ton image, lisible sur un téléphone comme sur papier.
  • Acceptation en ligne ou signature du client, avec la date et la trace de qui a accepté quoi.
  • Une vraie application mobile : consulter ou monter une soumission depuis le chantier, avec photos.
  • Heures et coûts réels reliés au projet, pour comparer ce que tu as soumissionné à ce que ça a coûté.
  • Export complet de tes données, interface en français, et un hébergement que tu peux nommer si un client te pose la question.

Le calcul des taxes : le test le plus rapide

TPS 5 %, TVQ 9,975 %. Les deux se calculent sur le même montant, celui d'avant taxes. Depuis 2013, la TVQ ne s'applique plus sur la TPS : le calcul en cascade n'existe plus. Un montant de 1 000 $ avant taxes donne donc 1 149,75 $ toutes taxes comprises (1 000 x 1,14975), et pas un cent de plus.

Prends n'importe quel logiciel en démo, entre 1 000 $ et regarde le total. Si tu ne vois pas exactement 1 149,75 $ avec les deux taxes sur des lignes distinctes, tu viens d'apprendre que le produit n'a pas été conçu pour le Québec. Vérifie aussi que tes numéros d'inscription apparaissent sur le document, et rappelle-toi que l'inscription à la TPS et à la TVQ devient obligatoire à partir d'un certain seuil de revenus taxables. Pour ce seuil et pour les cas particuliers, la référence reste Revenu Québec et l'Agence du revenu du Canada, pas ton logiciel.

Les mentions obligatoires sur ta soumission

La RBQ exige que ton numéro de licence apparaisse sur tes documents commerciaux et ta publicité. La liste exacte des documents visés et la formulation prescrite sont publiées par la RBQ, vérifie-les sur son site. Si ton gabarit t'oblige à le retaper à la main chaque fois, l'oubli va finir par arriver.

Un bon gabarit de soumission couvre au minimum ceci.

  • La liste détaillée des travaux, main-d'œuvre et matériaux.
  • Le prix, taxes indiquées.
  • Le taux horaire applicable aux travaux additionnels.
  • La durée approximative des travaux.
  • La garantie sur les pièces et la main-d'œuvre.
  • Ton numéro de licence et ceux de tes sous-traitants.
  • Les autres frais : déplacement, transport, disposition des rebuts.

Sur la signature : au Québec, la LCCJTI reconnaît qu'un document technologique peut valoir un écrit, à condition de pouvoir identifier le signataire et de constater son consentement. Une acceptation en ligne horodatée, avec le nom du client et la trace exacte de ce qui a été accepté, a donc de la valeur. Pour un contrat important, valide quand même ta façon de faire avec ton conseiller juridique.

Le terrain : mobile, heures réelles, coûts réels

Une soumission qui n'est jamais comparée au résultat, c'est une devinette qui se répète. Le vrai gain d'un logiciel n'est pas de sortir un PDF plus vite, c'est de te dire, trois mois plus tard, que ton estimation de main-d'œuvre était sous la réalité sur ce type de chantier. Pour ça, il faut que la pointeuse, le projet et la soumission vivent dans le même système.

Ça vaut aussi pour ton taux horaire. Un taux horaire, ça se construit : le salaire, le véhicule, l'outillage, les frais d'exploitation, les frais généraux, puis le profit. Ça ne se devine pas. Et il bouge : les taux des conventions collectives changent périodiquement. Si ta bibliothèque de prix date de l'an passé, tu soumissionnes avec des chiffres périmés. Valide toujours le taux courant auprès de la CCQ.

Le test des 30 secondes à faire subir au vendeur

Cinq questions, cinq réponses par oui ou par non. Un fournisseur qui hésite sur l'une d'elles te dit quelque chose d'utile.

  1. Entre 1 000 $ dans une soumission : est-ce que le total affiche 1 149,75 $, avec la TPS et la TVQ sur deux lignes distinctes ?
  2. Est-ce que mon numéro de licence RBQ s'imprime automatiquement sur la soumission, le contrat et la facture ?
  3. Est-ce que je peux exporter moi-même toutes mes soumissions, mes clients et mes factures, aujourd'hui, sans passer par ton support ?
  4. Est-ce que je peux annuler le mois prochain, ou est-ce que je signe pour douze mois ?
  5. Quel est le prix exact pour ma taille d'équipe cette année, et quand j'aurai trois employés de plus ?

Ajoute une sixième question si le fournisseur n'est pas d'ici : est-ce que l'interface, le support et le contrat d'abonnement existent en français ? Au Québec, les obligations linguistiques touchent aussi les contrats et les documents commerciaux ; valide ta situation auprès de l'OQLF. Un fournisseur sans version française te place dans une zone grise dont tu n'as pas besoin.

Ce qu'aucun logiciel de soumission ne fera à ta place

Un vendeur enthousiaste va te laisser croire que tout est réglé. Non. Trois obligations restent les tiennes, et aucun outil de soumission ne les couvre par magie.

  • Le rapport mensuel à la CCQ, si tu as des salariés assujettis aux conventions de la construction. Il a sa propre échéance et des pénalités de retard qui grimpent vite : valide les dates et les taux courants auprès de la CCQ.
  • Le T5018, la déclaration des paiements contractuels, si l'essentiel de tes revenus vient de la construction : tu dois déclarer les paiements faits à tes sous-traitants. Le seuil, le formulaire et l'échéance sont ceux de l'Agence du revenu du Canada, valide-les auprès d'elle.
  • Les retenues à la source et les remises gouvernementales, qui relèvent de ta paie et de ta comptabilité, pas de ton outil de soumission.

Certains logiciels de paie construction produisent le rapport mensuel CCQ, et c'est un vrai critère si tu as des salariés assujettis. Mais c'est une autre catégorie de produit. Pose la question directement plutôt que de la déduire d'une page de fonctionnalités. L'industrie de la construction au Québec est assez grosse pour que des outils spécialisés existent.

Les pièges qui coûtent cher

Le logiciel pensé pour les États-Unis

Interface traduite à moitié, taxes réduites à un seul taux, dates en format américain, abonnement facturé en dollars américains, support à des heures qui ne sont pas les tiennes, et aucune notion de RBQ ni de CCQ. Certains de ces produits sont excellents dans leur marché. Ça ne les rend pas utilisables ici sans bricolage permanent, et c'est toi qui vas payer le bricolage en heures.

Le contrat annuel déguisé

Le prix mensuel affiché est souvent le prix annuel divisé par douze. Tu paies d'avance, tu es engagé pour l'année, et un essai gratuit court ne te laisse pas le temps de faire vivre un vrai chantier dans l'outil. Demande le prix au mois, sans engagement, et compare avec le tarif annuel. L'écart entre les deux, c'est ce que te coûte l'engagement d'un an.

Les frais par utilisateur qui punissent l'embauche

Un tarif par utilisateur semble raisonnable à trois personnes. À douze, il devient une taxe sur ta croissance, et tu commences à faire partager des comptes, ce qui détruit la traçabilité de qui a envoyé quelle soumission. Refais toujours le calcul avec l'équipe que tu veux avoir dans deux ans, pas celle d'aujourd'hui.

Les données que tu ne peux pas ressortir

Tes soumissions, tes prix et ton historique de clients sont ton actif commercial. Attention à une confusion fréquente : la Loi 25 encadre les renseignements personnels ; elle ne règle pas la portabilité de tes données d'affaires. Ton export, c'est une fonction du produit et une clause de ton contrat. Vérifie avant de signer, pas le jour où tu veux partir.

Les signaux d'alarme à repérer dès la démo

Garde cette courte liste ouverte pendant la présentation. Chaque point se vérifie en direct, devant le vendeur.

  • Aucun prix public : il faut une démo commerciale pour savoir combien ça coûte.
  • Un seul taux de taxe configurable, ou des taxes qui se calculent l'une sur l'autre.
  • Le numéro de licence RBQ qu'on ne peut ajouter qu'en champ libre, à la main.
  • Aucun export en libre-service de tes données.
  • Un contrat d'abonnement qui n'existe qu'en anglais.
  • Un essai gratuit plus court que ton cycle de vente normal.

Le vrai prix mensuel : la seule façon de comparer

Compare des coûts sur 24 mois, pas des prix d'affiche. Sur deux ans, tu vois l'implantation, la croissance de l'équipe et le coût de sortie, soit exactement ce que le prix mensuel cache.

  1. Prends le prix affiché, multiplié par le nombre réel d'utilisateurs qu'il te faut, bureau et terrain compris, pas juste toi.
  2. Ajoute les frais d'implantation, de configuration, de migration et de formation.
  3. Ajoute les modules facturés à part dont tu as réellement besoin : signature, comptabilité, paie, portail client.
  4. Ajoute les frais de transaction si tu encaisses les paiements dans l'outil.
  5. Ajoute le coût de sortie : combien pour récupérer tes données, et combien d'heures pour reconstruire tes gabarits ailleurs.
  6. Divise le total par 24. C'est ton vrai prix mensuel. Compare seulement ce chiffre-là.

Fais l'exercice sur deux ou trois finalistes. L'outil le moins cher à l'affiche n'est pas toujours le moins cher sur deux ans.

Grille de décision selon la taille de ton entreprise

Il n'y a pas de meilleur logiciel dans l'absolu. Il y a un bon choix par profil, et une erreur classique par profil.

Travailleur autonome, 1 à 3 personnes

  • Ce qu'il te faut : un outil simple qui sort une soumission propre avec ton numéro RBQ et les bonnes taxes, la convertit en facture et te dit qui n'a pas répondu.
  • Ce qui serait une erreur : acheter un ERP ou un module d'estimation sur plans. Tu paierais pour de la puissance que tu n'utiliseras jamais, et tu abandonnerais l'outil en trois mois.

4 à 15 employés, résidentiel et rénovation

  • Ce qu'il te faut : soumissions, contrats, factures, projets, photos et heures dans le même système, avec une application mobile que le terrain accepte vraiment d'utiliser.
  • Ce qui serait une erreur : rester sur le chiffrier maison. À ce volume, ce n'est plus une économie, c'est un risque de facture oubliée et de coûts de projet inconnus.

15 à 50 employés, plusieurs équipes et salariés CCQ

  • Ce qu'il te faut : la même base, plus une vraie réponse pour la paie et le rapport mensuel CCQ, plus des rôles et permissions sérieux.
  • Ce qui serait une erreur : choisir un outil de soumission seul en espérant qu'il règle la CCQ. Prévois soit un logiciel de paie construction à côté, soit un acteur qui couvre les deux.

Entrepreneur général, gros contrats, appels d'offres publics

  • Ce qu'il te faut : estimation et métré sur plans, bibliothèque de prix unitaires, gestion des soumissions de sous-traitants, contrôle des coûts par poste, et un suivi des occasions publiques sur le SEAO.
  • Ce qui serait une erreur : sous-estimer le poids de l'expertise locale. Des éditeurs établis au Québec depuis des décennies ont des bibliothèques de prix éprouvées et une connaissance des conventions collectives qu'un nouveau venu n'a pas. Sur ce profil, c'est souvent le bon choix, et ça mérite d'être dans ton comparatif.

Si ta question de départ est plus large que la soumission, notre guide « Comment choisir un logiciel de gestion entreprise de services : guide d'achat » couvre la checklist générale, les questions à poser au fournisseur et le plan de migration.

Où se situe ORYX, et où il ne se situe pas

Autant le dire franchement. ORYX couvre la deuxième famille : soumissions, factures et contrats à partir de tes propres modèles, reliés à tes clients, tes projets, tes heures de pointeuse et tes photos de chantier, avec un CRM et un pipeline pour savoir quelle soumission a été consultée et laquelle dort. Interface en français, application mobile, données hébergées au Canada, plateforme conçue pour la Loi 25.

Ce qu'ORYX ne fait pas aujourd'hui : le métré sur plans PDF, la bibliothèque de prix unitaires par métier, la paie CCQ et le rapport mensuel. Si ton besoin numéro un est d'estimer au pied carré sur des plans ou de produire ta paie CCQ, un outil spécialisé ou un des acteurs établis au Québec va mieux te servir, et c'est correct de les mettre dans ton comparatif.

Côté prix, tout est affiché : 127 $ par mois jusqu'à 10 employés, 327 $ jusqu'à 25, 727 $ jusqu'à 50, sur mesure au-delà, en dollars canadiens, taxes en sus. Toutes les fonctionnalités sont incluses dans chaque forfait, seule la limite d'employés change, et il n'y a pas de contrat. ORYX est en pré-lancement : liste d'attente, trois mois gratuits pour les cent premiers inscrits, sans carte de crédit. C'est une façon simple de le tester sur tes vrais dossiers avant de trancher.

Un logiciel de soumission qui ne connaît ni la RBQ, ni la TVQ, ni ton chantier ne te fait pas gagner du temps. Il déplace ton travail ailleurs.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur logiciel de soumission pour la construction au Québec ?

Il n'y a pas de réponse unique. Le bon choix dépend de ton profil : un outil simple de soumission et facturation pour 1 à 15 personnes, une solution qui couvre aussi la paie CCQ à partir de 15 à 50 employés, un outil d'estimation et de métré si tu réponds à des appels d'offres. Dans tous les cas, exige les bons taux de taxes, ton numéro RBQ imprimé automatiquement et un prix affiché.

Un logiciel de soumission calcule-t-il automatiquement la TPS et la TVQ ?

Les bons, oui, et sur deux lignes distinctes : TPS 5 % et TVQ 9,975 %, toutes deux calculées sur le montant avant taxes. Depuis 2013, la TVQ ne se calcule plus sur la TPS. Le test : entre 1 000 $, tu dois voir 1 149,75 $. Si le total diffère, le logiciel n'a pas été conçu pour le Québec.

Dois-je mettre mon numéro de licence RBQ sur mes soumissions ?

Oui. Ton numéro de licence doit apparaître sur tes documents commerciaux et ta publicité ; la liste exacte est publiée par la RBQ. Choisis un logiciel qui l'imprime automatiquement plutôt qu'un champ à retaper à la main.

Combien coûte un logiciel de soumission construction par mois ?

Les prix varient beaucoup selon le nombre d'utilisateurs et les modules. La seule comparaison honnête : additionne le prix affiché pour tes utilisateurs réels, l'implantation, les modules en option, les frais de transaction et le coût de sortie, puis divise par 24 mois. À titre d'exemple, ORYX affiche 127 $ par mois jusqu'à 10 employés, sans contrat.

La signature électronique est-elle légale au Québec pour un contrat de rénovation ?

En principe oui. La LCCJTI reconnaît qu'un document technologique peut valoir un écrit, à condition de pouvoir identifier le signataire et de constater son consentement. Une acceptation en ligne horodatée avec le nom du client et la trace de ce qui a été accepté respecte cette logique. Pour un contrat important, valide ta méthode avec ton conseiller juridique.

Un logiciel de soumission remplace-t-il mon logiciel comptable ?

Non. Il produit tes soumissions et tes factures, mais tes états financiers, tes retenues à la source, tes remises et ta déclaration T5018 pour les paiements faits à tes sous-traitants restent du ressort de la comptabilité et de la paie. Demande au fournisseur comment sortir tes données vers ton comptable.

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